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Source: LVDP N° 290- Juillet – Août 2015

«  Nous avons mis en place une procédure de contrôle qualité »

Martial Gervais Oden Bella, consultant et expert en saponification.

Quelles différences y a-t-il entre le savon fabriqué de façon semi artisanal, et le savon fabriqué de façon moderne ?

La différence entre le savon fabriqué de façon semi-artisanale et le savon moderne ou industriel se situe  d’abord dans l’apparence, les savons artisanaux n’ont pas toujours une bonne finition, contrairement aux savons de fabrication industrielle. Les savons industriels sont plus stables aux intempéries car leurs procédés de fabrication qui est le procédé par ébullition ou procédé marseillais permet d’éliminer toutes les impuretés durant le processus de production et d’avoir un savon pur. Les savons  artisanaux eux, ne sont pas toujours résistants aux intempéries à cause du non-respect des bonnes pratiques par de nombreux producteurs. Le savon industriel est plus dur au toucher que le savon artisanal, le séchage et l’affinage étant plus optimal sur le plan industriel que sur le plan artisanal.

Quel est l’avantage pour un consommateur d’acheter un savon fabriqué artisanalement au lieu d’un savon produit industriellement ?

Il faut déjà dire que les deux savons ont les mêmes propriétés (moussant, nettoyant, détachant ...) ce qui suppose que le principal avantage est d’abord social. Quand je parle de social, je parle de soutenir des producteurs qui eux, n’ont pas de moyens, et dont la survie de leurs familles ne dépend que de cette activité génératrice de revenus.

Pourquoi doit-on utiliser la soude, qui est un produit chimique ? n’y a-t-il pas des produits moins nocifs pour le remplacer ?

La soude caustique a une origine naturelle car étant produite à partir du sel de mer sur le plan industriel à travers une technique qu’on appelle l’électrolyse. Et par définition, le savon étant un sel de sodium ou de potassium d’acide gras, ça suppose qu’on a toujours besoin soit de la soude caustique pour le cas de la fabrication des savons durs soit de la potasse caustique, pour la fabrication des savons liquides. Et de plus, lorsqu’on respecte de bonnes pratiques de production à la lettre, on ne ressent ^pas que ce produit est nocif.

Fabriquer et vendre des savons, c’est une opportunité pour qui ? pour celui qui réside en ville ou au village ? Pourquoi ?

Pour celui qui réside au village, car le milieu rural est majoritairement constitué à plus deb 70%, de la population Camerounaise, et la majeur partie des entreprises desservent plus en milieu urbain qu’en milieu rural.

Y a-t-il une réglementation à observer en la matière ? Si oui qui contrôle ?

Il n’existe aucune règlementation en la matière au Cameroun, et encore moins en Afrique en général. Les seules règlementations qui existent sont européennes, américaine et asiatique. Et nous on s’inspire de la règlementation européenne, pour mettre en place des procédures de contrôle qualité et des documents de bonnes pratiques de production.

Comment vérifiez-vous la qualité ou l’efficacité de vos produits ?

Pour vérifier la qualité et l’efficacité de nos produits, nous avons mis en place une procédure de contrôle qualité qui va de la réception des matières premières au produit fini et s’appuie sur du matériel très simple comme des thermomètres industriels, densimètre, et pH-mètre sur le plan, interne et sur le plan externe, nous faisons recours aux laboratoires comme le Centre Pasteur et le Laboratoire d’Expertise Médicale.

Comment devient t-on fabricant de savons et détergents ? ou se forme t-on ? Et à quelle durée ?  

Pour devenir  fabricant de savions et détergents, vous pouvez faire recours à une structure comme le Centre Professionnel de Recherche et de Formation pour l’Entreprenariat Technologique du GIC BELLOMAR, qui forme dans le domaine des savons et détergents dans son site sis à, la descente de l’Eglise du centenaire à Akwa, ancien CFAO, porte 112 pour une durée de 10 jours de formation théorique et pratique et trois mois d’accompagnement au développement du projet et sur le plan international depuis les années 2005 à travers le programme de formation et de conseil à distance aux techniques de fabrication des savons et détergents qui dure un mois de cours et trois mois d’accompagnement pour la définition et le développement du projet. Car les programmes scolaires et universitaires n’intègrent pas des cours de techniques améliorées de fabrication des savons et détergents.

Quelles sont les difficultés »s rencontrées dans la fabrication ou dans la commercialisation ?

La première difficulté est, pour le cas des savons de toilette et des détergents, que  ce soit en poudre ou en liquide, la prolifération des produits importés qui inondent les marchés camerounais des savons et détergents0. La seconde est l’absence d’une règlementation en la matière, qui amènent certains producteurs à faire du n’importe quoi.

Puis, viennent les problèmes de financement que rencontrent la plupart des promoteurs du secteur, et enfin, nous avons le coût des intrants, très souvent élevé.

Peut-on vivre de cette activité ? Si oui, à quelles conditions et avec quel budget ?

Oui, on peut vivre de cette activité avec un investissement minimum de 2 millions de Francs CFA, si on a une bonne politique de partenariat et commercial, et si on respecte les bonnes pratiques de fabrication qui permettent d’avoir des produits de bonne qualité.

Où achetez- vous les moules et les emballages, comment faites-vous pour personnaliser vos produits ?

On peut obtenir des moules en bois auprès des menuisiers, et des moules en acier auprès des chaudronniers ou des entreprises de conception métallique. Pour les emballages en carton et en plastique, il existe des entreprises qui en produisent à Douala par exemple. Pour personnaliser les produits, on fait recours à des infographes.

Comment se fait l’approvisionnement en matières premières ?

L’approvisionnement en matière première grasse, c’est-à-dire des huiles et des beurres se fait dans des marchés, et ^pour ce qui est des matières premières chimiques, on en trouve dans des quincailleries spécialisées dans la vente des produits chimiques.

Propos recueillis par Irénée Modeste Bidima.

Source: LVDP N° 290- Juillet – Août 2015

 

 

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http://goo.gl/forms/DIUlX2fZEj